Mais qu’est-ce que la créativité ?

Si un problème bien posé est le premier palier pour la créativité, il convient d’identifier les processus mentaux de la créativité. Nous distinguons différents facteurs qui influent sur la créativité, le cognitif, le conatif, la motivation et l’environnement.

Tentons d’y voir plus clair !

Les processus cognitifs

  • L’encodage sélectif : il s’agit de relever dans l’environnement un élément spécifique et de lui attribuer une autre fonction en relation avec le problème.
  • La comparaison sélective : est la capacité de pouvoir identifier des ressemblances, des similitudes dans des domaines différents afin de les appliquer à un domaine tiers (le problème).
  • La combinaison sélective : est la compétence de pouvoir utiliser deux éléments distincts, sans lien dans des domaines différents et de les assembler pour structurer une innovation.
  • La pensée divergente : est un processus qui vise, à partir d’une idée de départ, de recherche d’autres idées sans nécessairement de lien apparent de façon multidirectionnelle, sans ambition de les catégoriser ou les hiérarchiser.
  • L’évaluation des idées : Cette stratégie d’évaluation qualitative permet au créateur d’examiner à plusieurs reprises son idée et de l’améliorer successivement.
  • La flexibilité : Il s’agit de pouvoir appréhender une idée ou un objet sous différents angles. Avoir la capacité de modifier complètement un système de pensé sur un domaine.
  • La connaissance : La créativité fait appel au savoir et à un capital culturel, cela permet de ne pas recréer ce qui existe. Il s’agit aussi d’une action mentale réflexive qui fait appel à la mémoire pour mieux l’utiliser son contenu.

Les processus conatifs :

  • La prise de risque : la capacité à proposer des idées allant à l’encontre des idées les plus répandues, à l’encontre des conceptions habituelles.
  • La persévérance : la capacité d’arriver au bout d’une tâche sans se décourager
  • La tolérance à l’ambiguïté : La capacité à être à l’aise avec des situations instables et à accepter les doubles sens, les ambiguïtés.
  • L’ouverture aux nouvelles idées : capacité à se tourner vers les expériences diverses à éprouver de la curiosité pour le monde intérieur et extérieur
  • L’individualisme : Capacité à conserver une indépendance et une résistance au jugement des autres

La motivation joue un rôle majeur dans la créativité :

  • La motivation extrinsèque : Elle est à l’œuvre par le fait d’une circonstance extérieure à l’individu (punition, récompense, pression sociale, obtention de l’approbation d’une personne tierce…). Cette motivation fonctionne, mais avec des résultats assez faibles sur le long terme.
  • La motivation intrinsèque : Elle est le fruit de l’intérêt de l’individu pour un domaine particulier. C’est l’investissement dans des activités pour le plaisir de les réaliser. Cette motivation est bien plus porteuse de potentiel créatif.

Les facteurs émotionnels jouent un rôle important :

Si le facteur émotionnel est plutôt neutre, l’apport pour la créativité ne sera pas significatif.

En revanche, pour les émotions négatives et positives, toutes deux sont source de créativité. L’incidence n’est pas la même, tout dépend des critères d’objectivation de la créativité. (Qualitatif ou quantitatif)

Il semble que les états créatifs liés à une humeur négative soient une stratégie individuelle pour retourner à un état d’humeur neutre. Cela suppose que plus la marche est haute plus le potentiel créatif peut être à l’œuvre. Mais ça fait mal !

L’humeur positive a une incidence sur l’intuition, la flexibilité, la pensé associative…

Les facteurs environnementaux :

  • Les aspects interculturels : Nous pensons le monde au travers de notre référentiel culturel. Ainsi, par exemple, la créativité est davantage vue en occident sous l’aspect du résultat, du produit final, alors que dans une conception orientale, la créativité est considérée sous l’aspect du processus pour soi, pour le groupe.
  • Les aspects culturels : L’influence des activités culturels et des expériences sportives, les visites, le rapport aux écrans, la passivité ou l’action par rapport au savoir sont des éléments clés dans le processus créatif.
  • L’environnement familial :Trois environnements ont été étudiés, les familles au style rigide, celles au style de règles souples et celles au style de règles faibles voire inexistantes. Il ressort de ces études que les familles de styles souples et flexibles ont des effets plus stimulants sur la créativité.
  • L’environnement scolaire ou de travail : Le potentiel créatif tend à se développer davantage avec les modèles pédagogiques « nouveaux ou alternatif ». Dans les entreprises, les structures fortement segmentées et hiérarchisées favorisent moins le potentiel créatif.

Nous n’avons pas tous les mêmes aptitudes, mais cette synthèse permet d’identifier des aspects qui peuvent favoriser le travail créatif chez certains. Certains facteurs extérieurs sont propices à l’expression de la créativité. Il nous appartient collectivement de tenter de modifier certains aspects de notre environnement pour ouvrir davantage d’espace à la créativité. Comme les facteurs environnementaux influent sur le conatif, les émotions et sur le cognitif, il n’est jamais trop tard pour s’engager dans l’aventure.

Pour aller plus loin :

pdf : La créativité chez l’enfant : fondements et leviers

pdf : Structures et mécanismes cérébraux sous tendant la créativité

Livre : Psychologie de la créativité : Sylvie Tordjman, Todd Lubart, Christophe Mouchiroud ; ARMAND COLIN