Mais comment la créativité fonctionne en pratique ?

Comme nous l’avons détaillé, l’approche multivariée de la créativité permet de mieux comprendre ce que l’on entend par la créativité.

Schéma de l’approche multivariée

Intéressons-nous cette fois au processus créatif.

Il a été mis en avant par Wallas en 1926. Il comporte 4 grandes étapes.

#1 La préparation, c’est un travail éminemment conscient qui vise à définir la problématique et analyser les éléments autour de cette problématique.

#2 L’incubation, cette étape est beaucoup plus inconsciente et fait appel aux phénomènes d’association de pensé avec l’utilisation des processus cognitifs.

#3 L’illumination, c’est un peu l’émergence concrète de l’idée. Cette étape est souvent émotionnelle et se caractérise par une forme de constat d’évidence.

#4 La vérification, cette dernière étape permet d’évaluer, de redéfinir l’idée afin de valider son aspect opérationnel ou sa cohérence.

Il est alors possible d’entrer dans un nouveau cycle pour aller plus loin dans la qualité de l’idée.

Selon d’autres travaux de chercheurs sur la créativité, il a été mis en avant l’importance d’un processus de définition d’une problématique. Puis de rendre la phase d’incubation plus consciente par une mise en place des conditions pour l’expression de pensées divergentes. Enfin par l’activation de pensées convergentes. Ces éléments peuvent se répéter plusieurs fois avec des apports d’informations complémentaires entre les étapes. Le processus permet d’aboutir à une forme d’illumination avec une vérification de l’idée créative.

Mais pourquoi la créativité est-elle importante ?

Elle permet de maintenir un niveau élevé de motivation, de compétence et une cohésion autour d’axes définis ensemble. Elle permet surtout d’interroger voire de modifier de façon profonde et durable une organisation et une stratégie d’entreprise.

Elle se distingue en cela de l’innovation qui peut être davantage perçue comme une demande d’évolution sans grand changement. La créativité bouscule et crée des ruptures dans une histoire d’entreprise, elle ouvre de nouvelles voies.

De nombreux dirigeants souhaitent un résultat lié à un travail de créativité sans prendre le risque du changement culturel et structurel. Ce n’est pas possible !

Ils maintiennent leurs équipes dans une dynamique de changement circonscrite à la zone de confort de l’entreprise afin de limiter les conséquences d’un travail en profondeur. La commande de ces dirigeants est paradoxale en réalité et peut être formulée ainsi : « Je vous demande de changer », {mais surtout ne changeons rien}. NDLR : lisible dans l’implicite et dans les faits. Souvent l’emploi de l’impératif renforce le paradoxe. Peut-on réellement changer sous un mode injonctif ?

Mais pour ceux qui souhaitent s’inscrire dans une démarche de créativité, de nombreux supports existent et de nombreuses démarches peuvent être utilisées.

Par exemple le design thinking met en œuvre et reprend les mêmes axes que la créativité, mais adaptés à une démarche orientée vers le « client ». Il s’agit d’un processus dynamique et non linéaire. Cela permet par un principe d’essais, interrogation, validations, erreurs, ….etc, de penser les projets sous un angle plus dynamique et moins normé.